Il est nécessaire de comprendre ce qu’est une blockchain, son mode de fonctionnement et les différences entre elles. L’administration française définit la blockchain de la manière suivante :
« Une blockchain est un registre, une grande base de données qui a la particularité d’être partagée simultanément avec tous ses utilisateurs, tous également détenteurs de ce registre, et qui ont également tous la capacité d’y inscrire des données, selon des règles spécifiques fixées par un protocole informatique très bien sécurisé grâce à la cryptographie ».
J’y ajouterai toutefois la notion de registre distribué qui est implicite dans la définition de l’administration. Telle que rédigée, cette définition laisse à penser qu’il n’existe qu’un seul registre et que tout le monde peut écrire en même temps. En réalité, une copie de la blockchain est réalisée sur chaque nœud de validation.
Le nœud de validation, quant à lui, est une « autorité » qui possède une copie de la blockchain et qui va participer à la sécurisation du réseau en validant la transaction. Cette information est importante et à garder en tête car elle est fondatrice dans les principes de blockchain.
Pour qu’une opération soit validée (ou sa modification), elle doit faire l’objet d’un « consensus » (soit Proof of work, soit Proof of Stake) faisant appel à des calculs complexes. L’ajout sur la blockchain est ainsi immuable car le moindre changement impliquerait de modifier l’ensemble des blocks.
Pour illustrer le fonctionnement, prenons l'exemple d'une salle de classe:
- Le professeur demande à ses élève de résoudre une équation
- Le premier qui réussit à résoudre l'équation présente son résultat devant toute la classe
- Si toute la classe est d'accord pour valider la réponse, il gagne une récompense
Et voilà! C'est aussi simple que cela !
Les opérations sont souvent déclenchées par des « Smart Contracts », permettant d’automatiser les processus qui auront été codés dans le contrat. Ce n’est que lorsque les conditions régissant le Smart Contract sont valables que ce dernier se déclenche et se présente pour la validation. Une fois validé, il devient un Token, une unité numérique créée et gérée par la blockchain.
Ainsi, une blockchain doit répondre à six principes fondamentaux :
- Décentralisation : En étant totalement décentralisée sur plusieurs centaines de nœuds, une blockchain ne peut donc être en théorie, être contrôlée.
- Consensus : Les nœuds du réseau doivent tous s’accorder sur la situation de la blockchain. Deux grands modes de fonctionnement sur lesquels je reviendrai sont pour l’heure en place : le Proof of Work (PoW), le Proof of Stake (PoS). Quelques variantes existent cependant..
- Immuabilité : Lorsqu’un bloc est validé par les nœuds, sa modification devient quasi impossible, garantissant ainsi la sécurité et la transparence des transactions.
- Transparence : Toutes les transactions sont enregistrées de manière publique et consultables par tous
- Hachage : Technique empruntée à la cryptographie, le hachage permet de créer une identité unique sur la blockchain. Cette identité numérique est par ailleurs liée au bloc suivant etc. Comme une chaine.
- Clés publiques et privées : Afin de pouvoir effectuer des opérations sur une blockchain, tout utilisateur possède deux clés cryptées. Une clé publique pour recevoir des fonds, et une clé privée pour signer chaque transaction.
En théorie, tout projet qui ne remplit pas ces conditions ne peut être qualifié de blockchain, mais par simplification et pour pouvoir répondre à tous les besoins, il est communément admis qu’il peut à présent exister deux types de blockchains :
- Blockchains publiques : Ouvertes à tous, sans autorisation préalable. Exemple : Bitcoin, Ethereum.
- Blockchains privées : Contrôlées par une organisation unique pour des applications internes.
La blockchain trouve de réelles applications dans de nombreux domaines dans lesquels elle permettrait des gains de rapidité, et de substantielles économies financières :
- Finance : Paiements transfrontaliers, prêts décentralisés (DeFi). La Blockchain trouve ici sa parfaite application. Elle peut permettre à des individus détenant des cryptos actifs d’émettre de la dette à laquelle d’autres acteurs peuvent souscrire en quelques secondes, se passant ainsi totalement des banques.
- Logistique : Traçabilité des produits, contrats intelligents. Un produit pourrait ainsi être suivi dans le temps et l’espace au travers de son numéro d’identité et l’acheteur final pourrait ainsi s’assurer qu’il est bien face d’un produit non transformé ou non frauduleux.
- Secteur public : Identité numérique, vote électronique, gestion des registres publics. Un exemple simple et parlant pourrait être la gestion de la photo d’identité pour les différents papiers d’identité ou le vote aux élections. En inscrivant la photo d’identité sur une blockchain, un document d’identité numérisé pourrait aller chercher la photo mise à jour sur la blockchain et l’afficher sur un écran de contrôle lors d’un passage aux frontières.
- Énergie : Gestion de l'énergie renouvelable, micro-réseaux.
- Immobilier : Titres de propriété numériques.
- Jeux vidéo : Objets de collection numériques (NFT), métavers. On a tendance à sous-estimer le marché du jeu vidéo, mais de nombreux joueurs sont parfois prêts à payer cher pour accéder à des œuvres numériques liées à ce monde.